Il y a pratiquement 8 mois que je n’ai rien écrit de publique ici. Je n’ai pas envie de fermer ce blog, mais à la fois je n’ai pas davantage envie qu’il reste tel qu’il est actuellement. Je pensais le réorienter vers autre chose, mais je n’avais pas d’idée très claire jusqu’à maintenant.

À vrai dire, ces derniers temps, j’ai davantage lu qu’écris. J’ai lu des ouvrages de toutes sortes, mais aussi d’autres blogs, notamment des auteur(e)s qui se réclament de certains « mouvements » sociaux tels que le féminisme par exemple. Dans un premier temps, ça m’a franchement emballé. Je trouvais certaines idées et aspects soulevés particulièrement intéressants, comme les études sur le genre par exemple, des essais sur la prostitution, la pornographie et d’autres aspects plus quotidiens comme l’humour, la discrimination en général, ou le harcèlement. Dans l’ensemble, on sent une volonté d’arriver à une prise de conscience du social, du politique et de l’influence que ces aspects auront sur notre façon de vivre et de voir le monde.

Le féminisme, ça ne semblait donc pas n’être qu’une continuité un peu obsolète d’un mouvement au champ de vision limité à l’image des années 60 voire avant. C’est beaucoup plus large et beaucoup de sujets sont touchés, ça n’épargne personne : ni ethnie, ni sexe, ni type de sexualités, ni milieu, ni secteur de conscience. Le féminisme, finalement, semble être un mouvement un peu touche à tout, tant que ça circule dans la veine d’une dénonciation d’une forme X de discrimination, d’inégalité. De façon général, j’aime bien les gros foutoirs. Je ne sais pas pourquoi, peut-être parce que c’est moins carré, moins simpliste, moins docile. Le problème, c’est qu’on y retrouve tellement d’idées, parfois de l’une à son contraire le plus absolu, que la ligne directrice se retrouve floue. Apparemment, n’importe qui peut se réclamer du féminisme, n’importe qui ayant quelque chose à dénoncer et qui peut, de près ou de loin, toucher les femmes. Plus je lis, plus je me retrouve encore et toujours face à cette question sans réponse : qu’est-ce que le féminisme ? Et puis, n’y a-t-il véritablement qu’un féminisme ? Qu’on aille sur Wikipedia, sur un blog ou dans un livre pour tenter de définir enfin ce qu’est ce féminisme en 2013, rien ne se ressemble. Tout se contredit, selon les personnes, les auteur(e)s. Ce n’est donc pas si simple, contrairement à ce que certain(e)s peuvent en dire.

Je me suis creusé le crâne à m’en déchirer les neurones pour essayer de voir, de comprendre, d’y mettre un peu de clarté (vainement, d’ailleurs). J’ai eu maintes discussions sur le sujet, avec des personnes bien différentes les unes des autres, pour finalement en conclure que fort probablement, le féminisme en 2013, c’est un peu comme Dada. C’est vous, c’est moi, c’est lui, c’est elle. Dada est tout, Dada n’est rien. Pas par choix ni conscience, mais par chaos. Le féminisme, c’est tout et rien, du tout et du n’importe quoi pour ceux et celles qui se sentent concerné(e)s. Et c’est dit sans aucun mépris, je pense même que c’est excellent. Tout comme Dada a existé pour permettre de repenser l’art dans toutes les sphères, de tout foutre en l’air ce qui était établi ou était en train de s’établir, le féminisme en 2013 est en plein essor de table rase. Il y a une volonté du féminisme, ou de certains féminismes à tout le moins, de tout foutre en l’air : social, politique, relationnel. C’est ce que je lis dans Despentes, entre autres, c’est aussi ce que je crois voir chez certain(e)s auteur(e)s de la population qui écrit sur Internet. C’est ça qui m’emballe. La destruction pour le renouveau m’emballe. De mon côté aussi je pense qu’effectivement, ce serait la meilleure solution. Dans l’état actuel des choses, à cette époque précise, à mon âge et avec ma culture occidentale, mon bagage qui est lui aussi un foutoir, je pense que ce ne serait pas une si mauvaise idée, bien que ce soit un fantasme peu réaliste.

Ceci étant dit, dans ma petite quête instructive, j’ai vu (et côtoie encore) toutes sortes de gens : des jongleurs intellectuels, des crétin(e)s fini(e)s, des gens lambda qui se questionnent, des sociologues brillants, des psychologues qui analysent tout et qui font chier le monde, des médecins qui mettent leur grain de sel, des despotes qui se prennent pour la police de la pensée, des gameuses qui en ont leur claque, des gens plein de contradictions, des doctorant(e)s qui étudient sur les questions de genre et qui en font leur sujet de thèse, des auteur(e)s contemporain(e)s, des vieilles grébiches sorties d’un autre temps, des avant-gardistes qui n’osent pas sortir de leur coquille, des gens brillants qui se foutent de la gueule du monde, des gens qui pensent avoir tout compris, des Femen, des hommes bourrés de bonnes intentions qui octroient le droit aux femmes d’être sexy…Bref, de toutes les couleurs et c’est épatant. Dans ces conditions, ça donne bien envie de mettre aussi toutes ses épices et ses couleurs. Pourquoi pas, après tout ?

Tout d’abord, je viens d’un pays libre et assez tolérant, rempli de gros nounours. Je viens d’un pays qui accepte et trouve tout à fait bon enfant que même le ou la plus crétin(e) des imbécile sorti(e) tout droit de chez les abruti(e)s puisse avoir le droit de dire et de prescrire, publiquement, toutes les niaiseries qui lui passeront par la tête. Et ce même si c’est sans souci de la moindre rigueur élémentaire, même si chaque information était dite sans aucun élément de contexte, sans même chercher à situer le lecteur ou la lectrice et ainsi encourager au moins une parcelle d’esprit critique, tout en tentant, à la fois, de le persuader d’adhérer à ses délicieuses et charmantes idées. Certain(e)s auteur(e)s peuvent et ont le droit le plus fondamental d’aller jusqu’à prescrire une lucidité digne de la plus haute-voltige émotionnelle sans savoir véritablement ce que c’est ni l’avoir jamais expérimenté. Ces mêmes individus (ou d’autres) peuvent également balancer leur sauce intellectuelle sans se soucier des impacts ou des implications possibles ni même se sentir obligé d’en entendre parler. Chaque auteur(e) peut crier au loup sans citer ses sources et de façon tout à fait naturelle.

Chaque auteur(e) peut tout à fait se montrer hypocrite et condescendant, peut faire semblant de vouloir attiser la réflexion par ses fins écrits tout en refusant catégoriquement d’entendre tout argument qui n’irait pas dans son sens, ou mieux, qui ajouterait peut-être un ou deux éléments à côté desquels il ou elle serait passé(e). Chaque esprit limité qui écrit a le pouvoir et le droit le plus sincère de ridiculiser chaque passant, chaque personne ayant des pensées différentes, juste parce que ça l’arrange et que cette attitude flatte son égo de jeune penseur(euse) aguerri(e). Il ou elle peut également, tout à fait et sans le moindre pli à son brushing, reprendre ce que vous dites, le sortir de son contexte pour ensuite le transformer en tout et son contraire, en un coup de baguette, dans le but de vous diminuer et de mieux ridiculiser votre pensée. Suite à cela, il ou elle pourra, du haut de sa bienveillance, vous affirmer avec assurance que si vous n’êtes pas d’accord avec ses idées très simplistes, c’est sans aucun doute que vous n’y avez rien compris, que vous êtes inculte ou encore que vous n’êtes simplement pas assez brillant pour être l’un(e) des leur (« leur » étant, le plus souvent, un petit endogroupe ultra sélect habitué à se masturber sur sa propre magnanimité à partager sa clairvoyance avec le reste du pauvre monde). Bref, chaque individu peut, le plus naturellement du monde, prescrire sa merde comme la panacée intellectuelle, comme s’il avait tout compris à la vie et que les gens ne devaient attendre, la bouche bien ouverte et béante, qu’à se faire gaver de sa semence et illuminer de son Saint Éclairage. Je dois dire que c’est tout à fait superbe, je suis entièrement pour ce droit, en l’occurrence la liberté d’expression.

Étant donné que, comme tout ce beau monde, je jouis également de cette merveilleuse possibilité légale, que je paye cet espace de ma poche tous les ans, que je n’en profite pas assez d’ailleurs et que l’Occident, Amérique comme Europe, semble être à l’ère de la mise en avant prolifique de la crétinerie, il serait largement temps de s’enlever les doigts du nez et de commencer à faire quelque chose de constructif. Voici donc ce que j’ai à vous proposer pour la suite de ce blog et comment ça fonctionnera :

– Du contenu écrit de qualité. Les sujets complexes et se réclamant d’une certaine pensée : bien documentés, avec des sources diverses et écrits avec la rigueur la plus soigneuse possible. Les opinions, par contre, ne sont que ce qu’elles sont, rien de plus.

– Si vous estimez que je fais une erreur (de jugement, de source, de contexte, etc.), vous êtes invités à me le dire, de préférence avec des arguments construits et réfléchis.

– De l’honnêteté intellectuelle, en tout temps. J’assume ce que j’écris ainsi que mes intentions, j’assume d’en voir et prendre en considération les implications (et je vous entendrai dessus, si jamais vous en avez à suggérer que j’aurais pu oublier), j’assume que je n’ai pas le monopole des sujets que j’aborde.

– Je ne me donne pas la vocation de rejoindre tout le monde ni de conforter les masses.

– Ici, il est question de ce que j’écris et non de ce que je suis. Bien que parfois ça puisse être lié, merci de respecter la différence et de se rappeler qu’on n’a pas élevé les vaches ensemble.

– Je ne prescris rien, je questionne, j’élabore, au meilleur de ma connaissance. Je vous invite à en faire autant.

– Le module de commentaires sera ouvert sur tous les articles, car je reconnais le droit de réponse. Je ne m’engage cependant pas à répondre à chaque commentaire dans la seconde, j’ai parfois besoin d’un temps de latence pour alimenter ma réflexion. Merci de respecter cela.

– Vous êtes invités à répondre et à échanger, peu importe d’où vous venez, qui vous êtes ou la nature de vos préoccupations sur les sujets abordés.

– La plateforme où vous choisirez de répondre ou réagir, si tel est votre désir, sera respectée et aucune offense ne vous sera envoyée pour vous dicter où et comment vous devez réagir ou répondre à mes articles. Réponse directe ou indirecte, à vous de voir.

– Le module de commentaires est à votre disposition et il n’y aura pas de limites de caractères ni de sélection de pensée. Vous pouvez me réécrire un article ou un roman dans les commentaires si ça vous chante. Ce sera lu, répondu et ce à la hauteur de la qualité de ce que vous m’enverrez.

– Si vous réécrivez un article en guise de réponse aux miens, n’hésitez pas à m’envoyer le lien, vous pouvez être certain(e) que je le lirai.

– Je ne fais pas de chasse aux chieurs. Alors concernant les « cacas nerveux » et autres formes de provocation stérile, il est fort probable que je n’y réponde pas, à moins que vous ne m’y invitiez personnellement…

– La plupart des articles que j’écris sont longs et prendront donc un peu de votre temps. C’est pourquoi j’apprécie énormément votre passage, que vous commentiez ou non.

– La prescription de pensée et la police de la pensée sont proscrits.

– Il n’y a pas de priorités de pensée ni de « vrai » ou de « faux » débats qui méritent légitimité plus que d’autres. Chacun est libre de considérer l’importance d’un angle plutôt qu’un autre. C’est valable pour vous, c’est valable pour moi.

– Ici, pas de résumés de lecture ni de « critique » de films. Décortication de lecture, analyse de lecture ou de films, oui.

– Je choisis l’angle que je veux aborder dans mes analyses. Je suis consciente qu’il en existera d’autres, mais si je ne les aborde pas, c’est soit que j’ai de bonnes raisons ou que je ne les ai peut-être pas vus. Soulignez-le si vous en sentez le besoin, mais rappelez-vous bien que, vous comme moi, ne sommes pas ici pour prescrire une pensée.

– En cas d’appréciation ou de non appréciation de mes écrits, c’est très simple : dites-moi pour quelles raisons, explicitez, car j’aime bien comprendre et de façon générale, ça m’intéresse.

– Ici, aucune sélectivité d’émotions ou de sentiments. Chacun(e) est libre de ressentir les choses que j’écris comme il ou elle l’entend. Exprimez-le simplement de façon respectueuse. Par contre, sentez-vous bien à l’aise, car je sais faire la différence entre le « convenu » et le respect.

– Toute découverte de votre part (livre, blog, film, oeuvre artistique, etc.) est bienvenue. Je vous invite et insiste pour que vous les partagiez ici.

– Rien ici ne sortira de son contexte pour servir qui que ce soit ou quelle que « cause » que ce soit. Ni ce que je dis, ni ce que vous dites. Je considère cela comme trop facile et je ne le tolèrerai pas. Étant donné que je ne m’adonne pas à ce genre de petites bassesses, j’exige la réciproque.

– Je n’exige uniquement que ce que j’offre. Rien de plus, rien de moins.


Sachez que je serai intraitable sur tous ces points, autant pour les commentaires que pour moi-même. Aucune manipulation douteuse, troll ni stratagème n’y changeront quoi que ce soit.

Ce blog se veut le plus ouvert possible. Il sert la réflexion, celle qui contredit, celle qui ajoute, celle qui se questionne. Il sert aussi la prise de conscience, mais pas forcée : personne ici ne sera ridiculisé pour la simple et bonne raison qu’il réfute. Par contre, la façon dont vous réfutez sera prise en compte et ainsi que vos arguments. Je peux avoir des impressions et les dire, mais ça ne reste que des impressions. Je ne prétend pas connaître mieux que vous le monde ou une quelconque vérité absolue. Si cette vocation vous intéresse, je vous invite à en profiter. Participez ou non, ça vous appartient, mais vous saurez au moins à quoi vous attendre, en tant que lecteur ou lectrice, sur le ton que ça prendra.

Est-ce que j’ai l’ambition prétentieuse, vaniteuse et complètement scandaleuse de vouloir servir une rose parmi un champs de merde poisseuse ? Oui, absolument. Ce ne sera probablement pas parfait, mais l’envie et l’effort seront là. Peut-être que je ne fréquente pas les bons réseaux, mais je trouve que le contenu de qualité manque cruellement. Il y en a, évidemment, mais définitivement pas assez. Je souhaite y remédier. Et j’espère sincèrement que vous (lecteurs, lectrices) m’y aiderez au mieux de votre connaissance et de vos possibilités. Oui parce que je vous rassure tout de suite : on va avoir du boulot.